Elle est arrivée le soir du 5 juillet dans notre cour, petite boule de duvet un peu noire, suivie de près par nos deux chats et notre chien. Je me rappelle, nous avons immédiatement remarqué ses pattes palmées et son bec: c’était un canard. D’où vient-il? Nous ne saurons jamais. Une canne venue de l’Avre l’a peut-être fait tomber de son bec ?
Nous n’avons pas voulu qu’elle soit tuée, aussi nous l’avons mis dans une petite boite en carton, bien perplexes. Comment la nourrir? La réconforter?; Où la mettre? Internet ( www.oiseaux.net, www.planete-energies.com ) nous renseigne un peu : le caneton mange des graines, en fait une somme de poudre pour poussins en vente dans les animaleries (bien mélanger avec de l’eau). Nous découvrons petit à petit que cela mange des pommes de terre et des courgettes bien écrasées, des haricots verts.
Nous ressortons une cage à poules, mais elle est si petite qu’elle passe entre les barreaux, échappant de justesse aux dents du chien. Il nous faut racheter le lendemain une petite cage pour serin. Nous avons consulté également le vétérinaire et le délégué de la ligue pour la protection des oiseaux: il faut garder le canard jusqu’à environ 3 semaines, puis le relâcher au plus vite dans la nature. Cela tombe mal, nous partons en vacances dans le Tarn deux semaines plus tard.
Le premier bain est épique. Les petits canards ne flottent pas naturellement, leur flottabilité viendra d’une couche de graisse que le canard n’acquiert qu’au bout de 3 semaines. Du coup la bête a peur de l’eau bien que contente de se baigner, elle nage désespérément et se fatigue vite (1).
Pour le départ en vacances, la cage est installée dans le coffre et déborde sur les sièges arrière rabattus, au grand agacement de notre chien Bretzel. Nous avons construit un enclos (2) dans notre jardin du Bousquet, un simple grillage posé dans un coin d’herbe, avec plusieurs plats (de l’eau, des graines, et le repas du matin et du soir). Le canard est ravi de picorer dans l’herbe et de regarder passer les oiseaux. Le soir on attrape le canard et on le rentre dans sa cage, puis dans la maison, car les prédateurs nocturnes sont nombreux à l’orée de la forêt.
02 : L'installation de Coinky au Bousquet. Le canard adore picorer les herbes et attraper les insectes
De retour à Nonancourt, Coinky, nom trouvé pendant les vacances, sait maintenant nager et cancaner (coin coin), et s’entraine à voler, avec de grands battements d’ailes. Nous avons installé une grande cage dans la cour, que nous ouvrons dans la journée. Un escalier en planches permet au canard d’aller se baigner dans une baignoire de bébé. De retour des vacances, nous avons découvert combien elle aime les haricots verts. Nous essayons de l’emmener au bord de l’Avre, pour qu’elle reprenne sa liberté, mais c’est un désastre. Elle ne s’intéresse pas aux autres canards, et nous suit en courant quand nous essayons de nous éloigner. Nous l’avons donc reprise à la maison, espérant qu’elle voudra partir un jour. Un plumage superbe commence à pousser, c’est une canne colvert.
04 : Coinky prend le frais dans la cour. Elle a maintenant le plumage définitif de la femelle colvert. Elle peut se baigner dans une grande bassine à coté.
Début octobre, Coinky sait enfin voler. Elle passe ses journées sur le toit de l’arrière cuisine (6) attendant l’ l’heure de son repas (haricots verts, pommes de terre courgettes et graines), et rechignant de plus en plus à rentrer le soir dans sa cage. Quand nous montons pour l’attraper, elle s’envole et se repose quelques centimètres plus loin, il faut l’appâter avec des haricots verts (6). Un soir, revenant du travail, nous ne la voyons plus dans la cour. Nous avons cherché rue Victor Hugo, puis dans le jardin, au bord de l’Avre. Plus rien, elle est partie.
06 : Coinky vole. Elle se pose souvent sur le toit de notre arrière cuisine. Elle raffole des haricots verts, en friandise donnée à la main, ou en repas.
Depuis, quand je promène le chien au bord de l’Avre, je regarde les canards avec plus d’attention. L’un d’eux nous reconnait-il? Nous sommes malgré tout satisfaits que cet animal sauvage fait pour la liberté ait retrouvé les siens.
Philippe

Très émouvante histoire et regardez-mieux encore, je suis certaine qu’il y a une jolie canne pour vous faire un clin d’oeil mais tirer la langue à Bretzel votre chien.