Le 5 juin 2010, nous étions bien 40 personnes au rendez-vous à 14h30 dans le centre de Boncourt, à environ 2km d’Anet (Eure-et-Loir). Le parking était plein nous nous sommes garés un peu plus loin. Il faisait déjà très chaud, environ 28-30° et un temps un peu orageux. Nous allons visiter la vallée aux cailles avec l’association l’AVERN
Au nord de la forêt de Dreux, la Vallée des Cailles forme un vallon sec qui s’étend sur 2 kilomètres avant de rejoindre la Vesgre, affluent de l’Eure. Sur les versants affleure la craie tandis qu’en fond de vallée s’accumulent argiles, limons et cailloux de silex également appelés « Cailles ». Protégé des pluies de l’ouest par les reliefs du Perche, crayeux et donc poreux, pentu, exposé plein sud aux rayons solaires, le versant nord est particulièrement aride. Il réunit des conditions favorables au développement de pelouses calcicoles, formations herbacées rases se développant sur des sols secs et calcaires. Milieu original et diversifié en termes de flore, elles accueillent de nombreuses graminées et bien d’autres familles botaniques, et en particuliers plusieurs espèces d’orchidées.
On trouvera plus de détails sur cahiersnaturalistes.free.fr
Depuis le centre de Boncourt, nous montons sur un sentier empierré le long des champs. On arrive ensuite dans le bois qui surplombe la vallée des cailles. Dans la montée notre accompagnateur, Mr Joly nous montre quelques particularités de ce terrain calcaire, un peu forgé par la main de l’homme. Des carrières creusées de part et d’autre du chemin, se sont ensuite creusées dans le calcaire sous l’influence de l’érosion des pluies, laissant ensuite de grands trous envahis à nouveau par la nature.
En haut de la côte, nous nous arrêtons sous un pin sylvestre, avec une vue magnifique sur la vallée (Photo 04). A côté un panneau pédagogique présente la réserve de la vallée aux cailles (Photo 09). Notre guide, Mr Joly, biogéographe, un des auteurs de l’Atlas de la flore d’Eure-et-Loir, l’un des fondateurs de la réserve naturelle de Boncourt nous parle avec passion de celle-ci. Le terrain calcaire, presque crayeux, abrite de nombreuses espèces rares, plus de 400 espèces répertoriées. D’autres sites intéressants de ce type existent Ezy sur Eure, Montreuil.
Les plantes se sont adaptées au milieu sec, avec de longues racines et une faible consommation d’eau, exemple à méditer pour nous. Le terrain de la vallée des cailles est un terrain communautaire municipal depuis le moyen âge. A l’époque et jusqu’au 19eme siècle il était cultivé. Autour de nous, sur le sol, on remarque la présence de nombreuses graminées ainsi que de nombreuses fleurs jaunes et rouges sur la pelouse, caractéristiques des terrains secs.
09 : Le groupe près d’un pin sylvestre. Panneau d’accueil qui présente la réserve naturelle régionale de la vallée aux cailles
Notre accompagnateur nous fait observer les fleurs remarquables à nos pieds, typiques des terrains secs et rocailleux. Tout d’abord des fleurs jaunes (photo 05 diaporama). Ce sont des hypocrepis. A côté (photo 007 diaporama) des orobanche, plantes parasites de l’hypocrepis. Les orobanches sont des plantes herbacées de petite taille, de 10 à 60 cm selon les espèces. Ces plantes sans chlorophylle dépendent entièrement de plantes-hôtes pour les éléments nutritifs dont elles ont besoin. Les semences d’orobanches émettent après la germination une pousse à l’aspect de racine qui se fixe sur les racines des plantes-hôtes les plus proches. La plante reçoit alors l’eau et les éléments nutritifs de la plante-hôte. Voir plus de détails sur Wikipedia , et crdp2.acbesancon.fr/flore
Un peu plus loin, toujours dans la même prairie au sommet de la colline, Mr Joly nous fait oberver une autre orchidée, Orchidée gymnademia conopsea (ou orchis moucheron, photo 11 diaporama). Voir plus de détails sur Wikipedia (photos, habitat etc..). C’est une des dernières orchidées à apparaître le long des routes. Bien visible car plutôt grande, souvent en nombre assez important, poussant dans les pelouses sèches calcaires, aussi bien en plein soleil qu’à mi-ombre, en été.
Notre guide nous fait également remarquer la grande variété de fleurs sur la même pelouse. Les petites fleurs jaunes autour de nous sont de deux espèces. Des hypocrépis (photo 05 diaporama), et des fleurs un peu plus pâles qui sont des coronille minimes, également plantes de milieu sec. Voir photos et descriptions sur herbierfrance.free.fr .
Poursuivant l’observation de la pelouse, notre guide nous fait remarquer l’adaptation spontanée de la nature à une trace de passage à moto. D’autres plantes se sont installées à cet endroit. La prairie est également riche en graminées dont des Koelerie pyramidales. Nous goutons de minuscules feuilles d’origan qui poussent à nos pieds, encouragés par une voisine du groupe.
Nous quittons la prairie pour revenir un peu plus haut sur le chemin, puis nous allons dans le bois, sous des chênes pour observer les orchidées limodores . (photos 26, 27, 30, diaporama). Elles sont dépourvues de chlorophylle et de feuilles. On ne sait pas précisément si ces plantes sont saprophytes, c’est-à-dire vivant de matières organiques en décomposition grâce à des champignons, ou bien parasites car soudées à des racines de chêne, de hêtre ou de châtaignier.
Voir plus de détails sur www.botanique.org .
Nous poursuivons notre parcours en revenant sur le chemin qui passe au milieu de chênes. Notre guide nous fait observer les différentes variétés de chênes , dont certaines se rencontrent parfois dans le midi, et quelques fleurs telle la mélitte à feuille de mélisse (photo 034 diaporama), que l’on rencontre d’habitude vers cahors(Voir par exemple effeuillage.cahors.free.fr ) ou en savoie.
Nous nous sommes ensuite arrêtés dans un pré. Certains s’assoient car il faut très chaud (photo 705 diaporama), d’autres observent les fleurs aux alentours, un livre de botanique à la main. Il y a en particulier de superbes fleurs bleues et une orchidée rouge, orchis pourpre (44).
Un peu plus loin, sur le chemin, un petit orvet traverse imprudemment. Le groupe observe ce petit serpent inoffensif, puis le relâche bien vite (photo 715 diaporama). Nous arrivons enfin à une nouvelle clairière pour voir des orchidées Ophrys bourdon (photo 725), parfois appelée ophrys frolon, fusciflora( Voir description sur Wikipedia ) . Elle doit son nom à la ressemblance entre sa fleur et l’abdomen d’un bourdon. Cette astuce lui permet de faire transporter d’une fleur à l’autre son pollen par les insectes.
Il fait maintenant très chaud et le groupe revient lentement vers le centre de Boncourt. Cette visite passionnante avec l’Avern nous a permis de découvrir des petites plantes de terrains secs que nous n’aurions pas remarqué tout seuls, dont de superbes orchidées. Nous y reviendrons surement.
cliquez sur une photo pour regarder le diaporama :
Philippe
